Haïti debout

Article : Haïti debout
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4 janvier 2020

Haïti debout

La position géographique d’un pays dans le monde génère douceurs climatiques et catastrophes naturelles. Haïti, cette première république noire indépendante, hérite d’un climat paradisiaque dans lequel les brises de la mer caressent le visage des anges noirs qui y habitent. Un pays, réchauffé par un soleil de plomb durant une bonne partie de l’année. Un café noir bien serré servi avec des biscuits (pains traditionnels) pour admirer le levé du jour. Ayibobo (bienvenue en Haïti) !

12 janvier 2010, quatre heures cinquante-cinq de l’après-midi, la capitale haïtienne a mordu la poussière, dans tous les sens du termes. Dans une atmosphère chaotique, dans un déferlement de tristesse, des êtres humains morts ou blessées n’ont soudain fait plus qu’un avec des maisons complètement détruites. Décombres ! C’est le terme utilisé pour qualifier ce mélange et pour rendre un peu d’humanité à plus de trois cent mille âmes disparues dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et ses environs.

Anmwey (au secours) ! Des enfants, des jeunes, des vieillards, des nantis, des pauvres, des édifices publics et privés, des sites historiques et touristiques, un cocktail (Molotov) constitué de chair, de sang, de fer et de ciment était lancé contre le terroir. Haïti est à genoux !

La solidarité de la communauté internationale n’allait pas tarder à se manifester à travers la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH). Plusieurs milliards de dollars ont été promis afin de soutenir un plan de relèvement national. Les ONG ont commencé à affluer en nombre, les unes empiétant sur le travail des autres. Mais dans toute cette effervescence, aucune vraie solution durable ne s’est dessinée. Tout était une campagne de communication !

Dix ans plus tard, cette aide tant attendue s’est volatilisée dans la nature, et les séquelles de cette catastrophe sont encore visibles dans les blessures des centaines de personnes estropiées et dans les ruines dans l’aire métropolitaine. Où est passée cette assistance mortelle aujourd’hui ?

Ce qui a toujours été la richesse d’Haïti, la force de travail de ses vaillants fils et filles, tant convoitée par des puissances coloniales à un moment de l’histoire et élément matriciel de la globalisation, demeure intacte. Alors crions ensemble ce cri de ralliement ancestral : levez-vous, jeunesse haïtienne ! Debout ! Debout ! Debout !

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