La liberté individuelle en Haïti

Article : La liberté individuelle en Haïti
20 juillet 2016

La liberté individuelle en Haïti

La promotion et la protection des droits de l’homme  est depuis le début du 19e siècle le socle lequel reposent toutes les œuvres humaines. Avec le courant humaniste même le droit pénal jadis rigide eut à faire des concessions c’est pourquoi il examine le contrevenant en tant qu’homme normal mais qui s’est écarté de la norme socialement et juridiquement acceptée en lieu et place de le considérer comme un élément gênant qu’il faut à tout prix éradiquer de la société. Le contrevenant apparaît comme un diamant brut entre les mains de la justice pour la polir en facilitant son insertion sociale après qu’il eut purgé sa peine. Les mesures restrictives et privatives de libertés doivent être adoptées selon l’esprit des conventions, des accords et des traités internationaux quand il n’y a pas d’autres sanctions qui soient proportionnelles à l’offense qui a été causée au corps social. La souveraineté que l’on exerce sur ses mouvements est un droit tellement sacré et précieux pour ses détenteurs que l’idée même d’aller en prison crée une psychose de peur chez l’homme et force ce dernier a bien se comporter dans la société. Ayant compris la place prédominante qu’occupe la liberté individuelle des législateurs ont mis à la disposition de la société des mesures parallèles pour suppléer à la prison, elles sont couramment appelées des peines alternatives parmi eux: l’assignation à domicile, le port de bracelet électronique, les travaux d’intérêts généraux, etc. tout ceci pour concilier deux situations apparemment opposées ( arriver à la punition du délinquant et protéger la liberté individuelle de celui-ci) dans un paradigme humaniste.
La lutte contre la détention prolongée, voire illégale, demeure une préoccupation constante de nombreux gouvernements qui se sont succédé à la tête d’Haïti pendant ces 30 dernières années, l’adoption de la constitution de mars 1987 marque un tournant signifiant dans la perception de l’être haïtien en contravention avec la loi par les autorités judiciaires, la peine de mort a été abolie, la liberté d’expression a été restaurée et le plus important des garanties ont été adoptées pour permettre aux délinquants de bénéficier des protections en ce qui concerne leur liberté pourtant la majeure partie de la population carcérale sont en détention prolongée. Cette catégorie de personnes est subdivisée en deux grandes catégories: Celles que la justice met en détention provisoire qui normalement ne doit pas excéder 48 heures sans voir un juge et celles qui sont en train de purger une peine. Ne soyez pas surpris que vous interrogiez un prisonnier qui vous confesse qu’il a été originellement condamnée pour douze mois de prison qu’il est maintenant à son 12e année, ou qu’il vous avoue qu’il est dans la prison depuis 5 ans sans avoir été l’objet d’aucun jugement régulier.
Comment l’État peut-il réparer un homme qui a passé 12 ans derrière les barreaux au lieu de 12 mois?
La privation arbitraire de la liberté individuelle peut être réparée?

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